dimanche 16 octobre 2016

GR20 #De Conca à Vizzavona


Je vous en parlais comme de notre défi 2016, j’y pensais depuis plusieurs années, je le préparais depuis des mois… Et voilà, cette belle aventure est déjà derrière nous !
Fin juillet 2016, nous avons donc effectué, M. Menthe-à-l’eau et moi, le GR 20 dans sa partie sud, de Conca à Vizzavona, soit 7 étapes en 6 jours de marche et pas loin de 80 km en haute montagne !
Pour être tout à fait honnête, l’objectif initial était bien d’effectuer le GR en entier de bout en bout du Sud au Nord. Toutefois, nous avions envisagé comme plan B la possibilité de s’arrêter au milieu (voire avant) si cela s’avérait trop difficile pour nous. C’est finalement cette deuxième option que nous avons choisi en chemin pour les raisons que je vais détailler juste après.
Pour tout vous dire, à la fin de la première étape (longue et laborieuse pour nous, entre un départ tardif pour cause de réveil muet et des repas trop légers), nous nous sommes demandés si nous allions continuer (pendant environ 35 secondes) puis l’arrivée au refuge, un peu de repos et ça repart (comme en 40) !



Plus sérieusement, la vérité est que ce GR s’est révélé plus difficile que nous avions pu l’imaginer. Certes, il est réputé comme « le plus dur d’Europe » (réputation non usurpée je pense), nous le savions, mais la difficulté n’était pas celle que nous attendions. J’étais prête pour le dénivelé, pour le manque de confort, pour la longueur des étapes mais je ne m’attendais pas à un terrain aussi caillouteux, surtout pas dans la partie sud (réputée « roulante »).
Qu’on se le dise : des cailloux, des cailloux, des cailloux partout et souvent d’énormes rochers voire des parois rocheuses à escalader. Ce GR s’apparente pour une bonne partie à de l’escalade ! Et même dans les portions moins « alpines », le chemin impose de se concentrer sur chaque pas pour ne pas y laisser une cheville. C’est bien simple : la semelle de mes chaussures (de qualité pourtant) a fondu de moitié ! Ca, je ne l’avais pas prévu ! Heureusement qu’une collègue m’avait vivement conseillé de prendre des bâtons (in-dis-pen-sa-bles selon moi).



Par ailleurs, nous ne nous attendions pas à devoir traverser autant de passages que nous avons jugés dangereux (sur les lignes de crêtes notamment) et qui mériteraient souvent d’être équipés un minimum de quelques prises ou de chaînes, et qui ne le sont pas. Cet aspect « risque » du GR nous a beaucoup refroidis, bien plus que la difficulté en elle-même, en fait. Mais cela reste évidemment notre point de vue de « débutants » (bien que nous soyons quand même familiers de la randonnée en montagne).
En vérité, même si les témoignages et les conseils sont nombreux, il est difficile de se faire une idée avant d’être sur place. Il est également difficile d’évaluer son niveau sachant que c’était, pour nous, une première randonnée itinérante. Certains pourraient penser que c’était trop ambitieux pour une première expérience : je l’admets, toutefois nous n’avons jamais été inconscients ou imprudents. Nous nous sommes beaucoup renseignés, nous sommes bien équipés, avons testé notre équipement, et puis nous sommes jeunes, en pleine santé et faisons du sport assez régulièrement. Nous avons déjà fait de nombreuses randonnées à la journée en montagne, dans les Alpes notamment.
Je pense tout simplement que nous avons à la fois un peu sous-estimé la difficulté du GR (de l’escalade vous dis-je !) et un peu surestimé nos capacités physiques (le poids du sac change complètement la donne même si les nôtres entraient dans la limite du raisonnable à savoir 11 kg pour moi et 13 kg pour Monsieur avec la tente, l’eau et pas mal de nourriture, donc le poids a baissé au fur et à mesure).




Il faut dire aussi que l’ambiance sur le GR n’est pas complètement celle que nous imaginions. Nous avons fait de très belles rencontres dont on se souviendra toute notre vie (Jérôme et Elisabeth, Olivier, Simon, les Corses, l’expert toulousain, l’instituteur bordelais, les Québécois, les deux couples pères-fils, et tous les autres) mais, malgré tout, la plupart des randonneurs croisés sont très entraînés, très expérimentés et donnent l’impression de rechercher la performance. Nous avions parfois l’impression d’être les seuls à nous arrêter pour prendre des photos, profiter du paysage et des torrents (retrouver notre souffle aussi…) … A chaque étape, nous partions dans les premiers et arrivions presque systématiquement les derniers… Avec le sourire et sans regret mais avouons que ça ne met pas en confiance sur ses capacités.
Alors, en toute sincérité, je pense qu’avec beaucoup (beaucoup, beaucoup) de volonté, nous aurions pu aller jusqu’au bout, mais je ne sais pas si nous aurions apprécié jusqu’au bout. Et c’aurait irresponsable vu notre état de fatigue physique (entre le manque de sommeil, des douleurs aux mollets pour Monsieur et à l’aine suite à une chute pour moi, et un saignement de nez abondant lors de la dernière étape pour moi). Nous n’aurions pas profité de la seconde partie comme nous avons pu le faire de la première parce que les petites douleurs l’auraient certainement emporté sur le plaisir de la randonnée et la beauté époustouflante des paysages. Et il ne faut pas trop jouer l’imprudence en haute-montagne.



Nous avons donc préféré conserver le meilleur souvenir possible en s’arrêtant à Vizzavona. Nous nous sommes également dit que les paysages variés du sud nous avaient parfaitement comblés et que nous risquerions d’être vite lassés par le côté lunaire du nord que l’on nous a décrit.  Nous avions également peur que les passages risqués à nos yeux se multiplient et ne gâche notre plaisir. Autre raison (bête mais véridique) : nous n’avions de toute façon pas prévu assez de liquide pour arriver jusqu’à Calenzana (pour le ravitaillement et le bivouac)… Hum, de vrais bleus sur ce coup ! Enfin, sur nos trois semaines de vacances estivales, nous souhaitions profiter un peu des plages de Corse et rentrer en famille ensuite ce qui aurait été compliqué si nous avions poursuivi !
En tout cas, bravo à tous nos compagnons de route qui ont poussés jusqu’au bout !
Avec un peu de recul, je ne regrette pas notre décision d’avoir arrêté, c’était la meilleure chose à faire. C’était une réussite pour nous ! A refaire, nous aurions peut-être fait d’autres choix pour pousser jusqu’au bout (plus d’entraînement avec le sac, location de tente sur place pour alléger, plus d’argent) mais la vie est longue, qui sait ?, nous recommencerons peut-être ce GR ? Nous souhaitons, en tous cas, retenter ce genre d’aventure ailleurs !



Attention, cet article n’a absolument pas vocation à décourager ceux qui cherchent des informations ! Ce GR est faisable, certes technique, mais il reste accessible et il est magnifique ! Mais mieux vaut savoir à quoi s’attendre pour bien se préparer. Je voulais aussi montrer qu’un « abandon » peut être raisonné et profitable, que ce n’est pas une honte mais un choix respectable !
Je compte revenir sur cette superbe randonné dans un second article sur le GR en lui-même plutôt que sur mon expérience personnelle. Puis, si certains sont intéressés, sur des conseils à ceux qui voudraient s’engager sur ce chemin !
N’hésitez pas partager votre expérience du GR20 en commentaire que vous ayez fait quelques étapes, la moitié, la totalité !

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